2016

PISA 2015… on réforme, et rien de nouveau sous le soleil.

pisalogo1Hier étaient publiés les fameux classements PISA, établis par l’OCDE, pour comparer les résultats des élèves de 15 ans des pays membres de l’organisation internationale.

Il y a trois ans, les résultats obtenus par la France avaient déclenché l’ire du Ministre de l’Education d’alors, Vincent Peillon, qui les avait jugés « inacceptables ».
Les coupables étaient tout désignés : le précédent gouvernement, accusé d’avoir supprimé des postes, d’avoir osé remettre en question la carte scolaire, censée garantir le brassage social. Mais les racines du mal étaient profondes, de l’avis-même de Vincent Peillon, qui appelait de ses voeux une ambitieuse « refondation de l’école ».

Après trois ans d’administration socialiste de l’Education, l’inversion de tendance tant espérée et attendue n’est pas au rendez-vous. A analyser les résultats PISA, on peut choisir de voir le verre à moitié plein, ou à moitié vide.
A moitié plein : avec ses 495 points, la France se situe, avec l’Autriche, les États-Unis et la Suède, dans la moyenne des pays de l’OCDE qui se situe à 493 points. Et après avoir connu une baisse continue de ses résultats entre 2003 et 2012, la situation semble s’être stabilisée.
A moitié vide : la France continue de se distinguer dans son incapacité à surmonter les inégalités sociales de son système d’éducation, avec un des systèmes les plus inégalitaires de tout l’OCDE, comme le rappelle l’association Parents Professeurs Ensemble :

Côté performance, il n’y aurait pas de quoi crier au scandale, si la France n’avait pas l’un des chiffres les plus élevés de budget public consacré à l’enseignement (pour mémoire, une étude de 2013 publiée par l’IFRAP : Pour un nombre d’élèves similaire (autour de 10,5 millions en 2011 hors maternelle et enseignement supérieur), l’Allemagne et le Royaume-Uni dépensent autour de 55 milliards d’euros quand la France affiche une dépense publique de 84,1 milliards et près de 1,3 million de personnes consacrées à l’éducation là où l’Allemagne est à 821.000 et le Royaume-Uni à 878.000.).

Au coeur de la faiblesse des performances françaises, comme toujours, on trouve la question pivot de la maîtrise des savoirs fondamentaux. Pascal Charpentier, proviseur du Lycée du Parc à Lyon, dans un entretien au Figaro, souligne les défaillances cumulées d’un enseignement des sciences depuis 1995 qui a abandonné la structuration par le calcul :

«Ce sont des choix politiques qui ont été faits, tous gouvernements confondus, depuis plusieurs années», explique Pascal Charpentier, proviseur du lycée du Parc à Lyon, qui poursuit: «Cette baisse de niveau est le résultat de la réforme du lycée mise en place juste avant 1995, et la décision de remplacer les terminales C (mathématiques et physique) et D (biologie) par la terminale S, et la rendre plus accessible». «En voulant augmenter le nombre de bacheliers scientifiques, on a baissé le volume des heures de cours confirme Martin Andler, président d’Animath. Pour Mourad Kchouk, de Janson de Sailly, ces réformes ont entraîné «l’abandon du calcul dans le secondaire au profit de la culture scientifique. «Aujourd’hui, les élèves de prépas ont une très bonne culture scientifique, mais ils ont de vraies difficultés en calcul». Pascal Charpentier ajoute: «Ils ne savent plus faire un calcul mental sans calculatrice».

Il est temps de revaloriser les méthodes qui marchent, fondées notamment sur la répétition, qui fait le succès des jeunes élèves asiatiques aujourd’hui.

Constance Prazel

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2016

La France, cancre en mathématiques et en sciences

2015_soclecommun_infographie-1_415704Un classement récent – un de plus ! – le Trends in Mathematics and Science Study, établis pour les élèves de CM1, classe les écoliers français en dernière position pour les mathématiques, et à l’avant-dernière place pour les sciences.
Avec 488 points en maths et 487 en sciences, la France se situe en dessous de la moyenne internationale, qui est à 527 et 525 points dans ces deux disciplines.

En plus de ces mauvais résultats, le classement révèle le malaise général des enseignants français devant les disciplines scientifiques.

Voilà de quoi nous mettre en condition avant la publication des résultats du classement PISA, qui sont attendus dans quelques jours.

Le ministère de l’Education Nationale – n’y voir aucune espèce de lien avec les dernières élections internes au parti Les Républicains -, dans son communiqué publié en réaction au classement, pointe la responsabilité du tandem Xavier Darcos – François Fillon, et les programmes mis en place en 2008, avec lesquels ont été formés les élèves testés en 2015. Les réformes auraient été menées depuis pour inverser la tendance.

Les pays qui caracolent en tête du classement sont asiatiques : Singapour, Hong-Kong, Corée du Sud, Taïwan et Japon. La méthode utilisée par Singapour au primaire a si bien fait ses preuves qu’elle inspire aujourd’hui des rédacteurs de manuels, du fait de sa simplicité, de sa clarté et de son aptitude à enseigner aux petits les bons raisonnements. En 2012, dans les colonnes de ce blog, nous nous faisions déjà l’écho des performances de cette méthode.
Inversement, la formulation des programmes du primaire en mathématiques par l’Education nationale française dans sa version 2016 a de quoi laisser perplexe. On y apprend :

Au cycle 2, la résolution de problèmes est au centre de l’activité mathématique des élèves, développant leurs capacités à chercher, raisonner et communiquer. Les problèmes permettent d’aborder de nouvelles notions, de consolider des acquisitions, de provoquer des questionnements.

Compétences travaillées :

chercher
modéliser
représenter
raisonner
calculer
communiquer.

Au programme :

Nombres et calculs
Grandeurs et mesures
Espace et géométrie

Les élèves consolident leur compréhension des nombres entiers, déjà rencontrés au cycle 1. Ils étudient différentes manières de désigner les nombres, notamment leurs écritures en chiffres, leurs noms à l’oral, les compositions-décompositions fondées sur les propriétés numériques (le double de, la moitié de, etc.), ainsi que les décompositions en unités de numération (unités, dizaines, etc.).

Les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication, division) sont étudiées à partir de problèmes qui contribuent à leur donner du sens, en particulier des problèmes portant sur des grandeurs ou sur leurs mesures. La pratique quotidienne du calcul mental conforte la maitrise des nombres et des opérations.

En lien avec le travail mené dans « Questionner le monde » les élèves rencontrent des grandeurs qu’ils apprennent à mesurer, ils construisent des connaissances de l’espace essentielles et abordent l’étude de quelques relations géométriques et de quelques objets (solides et figures planes) en étant confrontés à des problèmes dans lesquels ces connaissances sont en jeu.

Le mélange entre les questions de « communication » (Français et mathématiques sont rassemblés dans un même ensemble, « les langages pour penser et communiquer », aux côtés des langues étrangères, de l’art et du sport) et les opérations mathématiques proprement dites n’est pas de nature à clarifier les apprentissages fondamentaux.

La prochaine évaluation Timss devant se tenir dans quatre ans, les propos de Najat Vallaud-Belkacem restent pour l’instant sans vérification possible. Nous voulons bien suspendre notre jugement d’ici là, mais notre silence n’en est pas moins chargé de scepticisme.

Retrouvez l’article du Figaro sur le classement ici.

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2016

Retour sur la conférence de Yann de Cacqueray : à qui revient-il d’éduquer ?

conf-ydecacqueraySamedi 12 novembre dernier, à l’occasion de l’ouverture de la Formation des éducateurs, proposée par l’Institut Libre de Formation des Maîtres, Yann de Cacqueray, directeur de l’établissement Notre Dame d’Ormeau (49) proposait à ses auditeurs une conférence extrêmement stimulante sur le thème « A qui revient-il d’éduquer ? »

Nous vous proposons de la retrouver en direct à cette adresse.

N’hésitez pas à la diffuser largement autour de vous !

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2016

Une nouvelle Classe Préparatoire Médecine au Collège Stanislas

option-prepa-medecine-au-lyceeA la rentrée 2016, une Classe Préparatoire Médecine a ouvert ses portes au sein du Collège Stanislas, à Paris.

Une approche tout à fait nouvelle, qui vise à proposer aux étudiants inscrits, sur un cursus de 3 ans, les fondamentaux méthodologiques pour réussir leurs études de médecine, mais également, une approche au service de la vie : une formation est ainsi proposée en sciences humaines (philosophie, psychologie, éthique et droit), afin d’offrir aux étudiants les moyens d’une véritable approche éthique de la profession qu’il leur sera donné d’exercer. d’exercer. Stanislas, institution catholique de référence dotée d’une forte aumônerie, puisera naturellement dans la philosophie réaliste et l’anthropologie catholique pour aider les futurs professionnels de la médecine à prendre la mesure de leurs responsabilités humaines et sociales et toujours voir l’homme dans chaque malade à soigner. Les étudiants de la classe préparatoire peuvent ainsi obtenir, en 3e année, un diplôme de Philosophie option bioéthique.

La classe préparatoire entend ainsi se placer sous le regard du Pr. Jérôme Lejeune, ancien élève du Collège Stanislas, et pour qui « la technique est cumulative » tandis que « la sagesse, elle, ne l’est pas. »

Pour plus d’informations, cliquer ici.

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2016

Soutien de l’AMF contre la réforme du régime d’autorisation des écoles indépendantes

restauscolaire01-1024x815Projet de loi Égalité et citoyenneté : communiqué de l’Association des Maires de France.

L’AMF est préoccupée par les dispositions relatives à la restauration scolaire et aux écoles privées hors contrat

Les députés ont commencé l’examen du projet de loi Égalité et citoyenneté en nouvelle lecture et en séance publique le 22 novembre. La commission spéciale a notamment repris les dispositions de la proposition de loi instaurant un droit à l’accès au service de restauration scolaire pour tous les enfants scolarisés, dès lors que le service existe.

L’AMF est très inquiète face à la volonté, certes louable sur le principe, de garantir l’accès de tous les enfants à la restauration scolaire, service public facultatif, car elle méconnaît les contraintes réelles des communes en termes de financement, de capacités d’accueil et de locaux disponibles. Ce serait finalement très contre-productif alors que les problèmes d’accueil dans les restaurants scolaires sont très minoritaires et que la grande majorité des communes fait des efforts pour trouver des solutions adaptées.

En effet, cette mesure pourrait dissuader certaines collectivités de mettre en œuvre des services de restauration scolaire là où il n’en existe pas encore et désorganiser les services de restauration scolaire existants.

De plus, l’octroi d’un tel droit constituerait un premier pas vers la création d’un service public obligatoire de la restauration scolaire, non souhaité par les maires. Il pourrait s’agir d’une première étape visant ensuite les activités périscolaires dans leur ensemble, ce qui serait inacceptable.

Par ailleurs, concernant les écoles privées hors contrat, l’AMF, conformément aux recommandations de son vade-mecum sur la laïcité, prône un régime de déclaration plus encadré et surtout un renforcement du contrôle a posteriori par l’Etat, ce que le Sénat avait traduit dans le texte qu’il a voté et que l’on ne retrouve malheureusement pas dans la nouvelle version du projet de loi qui autorise le gouvernement à prévoir par ordonnance un régime d’autorisation.

Contacts presse

Marie-Hélène GALIN. Tél. 01 44 18 13 59. marie-helene.galin@amf.asso.fr
Thomas OBERLE. Tél. 01 44 18 51 91. thomas.oberle@amf.asso.fr

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2016

Etats-Unis : une partisane de l’école libre à la tête de l’Education

betsy_devos_2005_cropCe mercredi 23 novembre, Donald Trump annonçait la nomination à la tête du Ministère de l’éducation de Betsy DeVos, à qui revient la lourde tâche de réformer le système scolaire américain.

Objectifs affichés : lutte contre la bureaucratie qui paralyse les institutions pédagogiques, et promotion de la liberté de choix pour les parents, entre école publique, privée et école à la maison, en garantissant par ailleurs un enseignement de qualité.

Un choix qui ne réjouit évidemment pas les syndicats, qui voient dans la nomination de Betsy DeVos une nouvelle provocation du Président républicain : son mari est un milliardaire, et figure au classement Forbes 2016 des plus grosses fortunes des Etats-Unis. Leur crainte est forte d’une éducation conçue pour les seuls privilégiés.

Au cours des années 2000, Betsy DeVos défend, dans l’Etat du Michigan dont elle est originaire, l’instauration des « vouchers » ou chèques-éducation. Elle a présidé l’Alliance for School Choice, l’organisation la plus importante aux Etats-Unis à militer pour le libre-choix dans les programmes scolaires et l’extension du chèque-éducation, et occupe encore des fonctions dans un grand nombre d’organismes de promotion de la liberté scolaire.

Devant les attaques, Betsy DeVos répond en mettant en avant son engagement apartisan (elle a cherché à de nombreuses reprises à travailler de concert avec les Démocrates sur la question du libre choix), et son travail dans des Fondations agissant pour apporter un libre choix scolaire à des familles défavorisées, par le biais d’un soutien financier aux frais de scolarité.

Retrouvez l’article du Point ici.

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2016

Primaires : entente Fillon / Poisson sur le thème de la Liberté scolaire

7785962930_francois-fillon-et-jean-frederic-poissonA la suite du premier tour de la Primaire de la Droite et du Centre, qui s’est tenu dimanche dernier 20 novembre, le candidat du Parti Chrétien Démocrate, Jean-Frédéric Poisson, annonce son ralliement à l’ancien Premier ministre François Fillon dans la perspective du second tour de l’élection qui désignera le candidat des Républicains.
L’objectif de la démarche : déterminer les bases d’un accord programmatique, sur 5 points de réforme essentiels. Parmi eux, figure en bonne place l’enjeu de la Liberté scolaire.
Jean-Frédéric Poisson a mis cette question au centre de ses préoccupations de réforme, et a défendu le principe de la liberté du choix de l’éducation pour les parents tout au long de sa campagne. Il demande à François Fillon de se prononcer sur :
– le plafond de 20% imposé à l’enseignement sous-contrat en termes d’effectifs de scolarisation
– le retour au régime de déclaration pour les écoles hors contrat

Dans sa réponse à Jean-Frédéric Poisson, François Fillon revient sur sa volonté de réformer le système éducatif, comme condition indispensable à la construction de la Nation française. Dans ce cadre, le principe de la liberté de l’enseignement lui paraît fondamental. Il écrit :
« Je suis particulièrement attaché à la liberté de l’enseignement et donc au libre choix par les parents de l’école de leurs enfants. Je suis également favorable, pour les mêmes raisons, à un régime de déclaration et opposé à un régime d’autorisation des établissements d’enseignement. »
Il souhaite encourager la souplesse dans les statuts pour la création d’écoles, publiques ou privées, adaptées à des situations complexes comme celle des banlieues ou des campagnes en crise, pouvant bénéficier d’une « très grande autonomie d’action », et ne s’inscrivant pas dans le cadre des fameux 20% de quota. François Fillon n’hésite pas à prendre précisément en exemple les écoles soutenues par la Fondation Espérance Banlieues, qu’il a eu l’occasion de connaître à travers sa visite du Cours Saint-Exupéry, Asnières, quelques jours avant le premier tour des Primaires.

Sans préjuger du résultat des élections internes au parti Les Républicains, et des suites de la campagne présidentielle, nous ne pouvons que nous réjouir de la place décisive prise par l’enjeu de la Liberté scolaire dans le débat entre les candidats : au-delà de la question des marges de manoeuvre laissées ou non aux établissements scolaires, les débats ont mis en lumière le lien essentiel unissant la réforme du système scolaire et la crise morale traversée par la France.

Constance Prazel

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2016

Envoyé spécial : vous avez dit crise du recrutement ?

5782861lpw-5782911-article-najat-vallaudbelkacem-jpg_3844567Ce jeudi 3 novembre, Najat Vallaud-Belkacem participait à l’émission Envoyé Spécial, sur France 2, dans le cadre du reportage « Prof à la gomme », pointant du doigt des modalités de recrutement des professeurs de l’Education nationale pour le moins hétérodoxes : des contractuels qui ne connaissent rien ou pas grand-chose, se retrouvent parachutés dans des classes du jour au lendemain, avec la bénédiction des inspecteurs, et encouragés par les directeurs d’établissements. Incapables de faire cours, ils sont soutenus par une hiérarchie nourrissant le secret espoir qu’ils resteront le plus longtemps possible à meubler l’espace vide entre le bureau du prof et le tableau noir…

Quelques jours auparavant, le ministère de l’Education Nationale ordonnait la publication, avec prise d’effet immédiate, d’un décret menaçant la liberté d’enseignement et plus particulièrement la liberté de programmes et de progression des établissements hors contrat et réorganisant les modalités de l’inspection de l’instruction en famille ».

C’est bien l’urgence, en effet, quand un journaliste, muni d’un diplôme bidon photoshopé, et étant incapable de multiplier 3 par 8, se retrouve à enseigner la bonne parole mathématique devant trente pauvres marmots qui n’ont pas demandé grand-chose, mais qui devront se contenter de ce qu’on leur donne – car ils n’ont pas le choix.

Mais tout va bien, car la ministre se dit « contente » qu’un tel reportage soit diffusé.
Nul doute que les parents qui découvrent le pot aux roses – pour ceux qui se feraient encore des illusions sur un niveau d’enseignement en chute libre depuis plusieurs années, dont Mme Vallaud-Belkacem n’est à l’évidence pas la seule responsable – apprécieront au plus haut point cet intense niveau de satisfaction.

Les inspecteurs ont donc bien mieux à faire que de s’offusquer des candidatures fantaisistes de chômeurs, étudiants et autres bonnes volontés, ne distinguant pas Pythagore de Thalès, et un COD d’un COI.
C’est vrai : ils pourchassent «l’indigence pédagogique » des écoles hors contrat, où il y aurait, paraît-il, fort à faire.

Pourtant, si l’on acceptait de regarder ces écoles hors contrat avec un regard neuf, voici ce que l’on y trouverait.
Au lieu de postes non pourvus, des afflux de candidatures de professeurs désireux de pouvoir enseigner dans des conditions favorables, au sein d’établissements où la transmission du savoir est remise au cœur, comme en témoignent les requêtes d’enseignants enthousiastes à l’idée de participer à l’ouverture des écoles hors contrat portées par la Fondation Espérance Banlieues : plus de 250 candidatures reçues depuis le printemps 2016, alors qu’il ne s’agit que d’une poignée d’écoles concernées, et provenant souvent de profils diplômés, voire très diplômés (HEC, X).
On y rencontre, bien souvent, des professeurs heureux d’enseigner, qui aiment leur travail et se réjouissent chaque matin d’aller retrouver leurs élèves – malgré les difficultés inhérentes au « plus beau métier du monde ».

Les écoles indépendantes sont pointées du doigt par le ministère ; elles sont accusées d’entretenir la misère intellectuelle des enfants et même, de les refermer sur eux-mêmes. On en pointe les excès, jamais les succès. Pourtant, ces écoles indépendantes obéissent à un souci permanent d’améliorer leur résultat et de porter plus loin leur ambition d’excellence. Elles se sont même dotées d’un label Qualité – aux critères duquel on se demande bien combien d’établissements portés par l’Education nationale pourraient satisfaire. D’ailleurs, ce souci de soumettre son offre pédagogique à une constante évaluation objectivée y existe-t-il vraiment ?

En fait « d’indigence académique », on y trouve bien souvent une réelle exigence de maîtrise des savoirs quand celle-ci, dans le système public, tend malheureusement de plus en plus à se réfugier dans quelques établissements privilégiés. L’Institut Libre de Formation des Maîtres, pour les enseignants du primaire, et l’Ecole Professorale de Paris, émanations de la Fondation pour l’école, sont la preuve de l’attachement fondamental des artisans des écoles hors contrat à être à la hauteur des enfants qu’ils veulent servir et de leur avenir.

Les silences et la gêne de la ministre devant les questions d’Elise Lucet qui met sous ses yeux l’existence d’une génération sacrifiée sont bien difficiles à noyer. Quel contraste avec l’énergie déployée par ailleurs à attaquer ce qui fonctionne, dans un système qui aspire à se déployer en bonne intelligence avec les structures soutenues par l’Etat, comme cela se fait partout ailleurs en Europe et dans le monde.

A la médiocrité des recrutements on répond par les chiffres de création de postes. Les postes sont là, ce n’est pas la question. Le problème est que personne ne veut les occuper, et que les seuls candidats prêts à s’y coller ne sont pas à la hauteur. Et chaque année, il y en a moins que l’année d’avant.
Le fait est que le hors-contrat ne souffre pas d’un manque de professeurs. Et la motivation de ceux qui y travaillent n’est pas celle d’un salaire mirobolant – le fameux « plus de moyens » pour l’Education nationale : souvent, ils ne réclament pas tant l’assurance d’une feuille de paie bien garnie que la certitude de pouvoir exercer dans des structures et au sein d’équipes qui respecteront ce qu’ils ont à donner.

Lundi 7 novembre, par un de ces hasards de calendrier qui sont plus que de coïncidences, Le Monde relaie un rapport volumineux du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) sur l’attractivité du métier d’enseignant (à consulter ici)
On y apprend « qu’il n’y a pas de crise structurelle du recrutement ». Mais on y lit, dans le même temps, que la situation n’est pas nouvelle et dure depuis les années 1990. Du conjoncturel qui dure, pourrait-on dire. Une chose est sûre : la succession des ministres de l’Education nationale des deux bords n’a pour l’instant pas permis d’enrayer la mécanique infernale.

En attendant, laissons donc vivre et croître ces écoles qui permettent à de nombreux professeurs, enfants et parents de croire encore qu’il n’y a pas de plus beau geste dans une société que de transmettre et recevoir un savoir que l’on aime.

Constance Prazel

Pour revoir l’émission d’Envoyé spécial, cliquer ici.

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2016

Ne manquez pas nos prochains rendez-vous !

agendaUn mois de novembre riche en rendez-vous et conférences, à Paris et dans toute la France.

Retrouvez l’agenda de nos prochaines interventions sur :
https://www.facebook.com/pg/Fondation-pour-lEcole-194770890564743/events/?ref=page_internal

  • Samedi 12 novembre, « A qui revient-il d’éduquer ? », par Yann de Cacqueray, Saint-Jean de Passy, Paris
  • Lundi 14 novembre, « Pour nos enfants, comment pallier les carences dramatiques de l’Education nationale ? », par Anne Coffinier, Les rendez-vous républicains, Vatan
  • Jeudi 17 novembre, « Quelle réforme pour le système éducatif français ? », par Anne Coffinier, Cercle Jean-Paul II, Nantes
  • Mardi 22 novembre, « L’Ecole est-elle menacée ? », Débat Robert Redeker / Anne Coffinier, AFC – Fédération du Nord, Collège de Marcq en Baroeul
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2016

Décret gouvernemental sur la liberté des programmes : les syndicats réagissent

Communiqué de presse du SYNEP CFE-CGC (SYndicat National de l’Enseignement Privé)

Comme l’Éducation nationale n’arrive visiblement pas à remonter la pente, en matière de crédibilité de son enseignement dispensé pendant la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans (toutes les enquêtes internationales le montrent depuis des années), le moyen trouvé par sa ministre est radical : mettre l’enseignement privé hors contrat sous tutelle, par décret !

Sans aucune concertation syndicale, avec le décret n° 2016-1452 du 28 octobre 2016, le gouvernement semble vouloir s’affirmer face à l’enseignement privé et à l’attention des électeurs « Hollandais », au détriment de la liberté constitutionnelle d’enseigner. En résumé il demande à l’enseignement privé hors contrat d’appliquer les mêmes socles par cycles qu’à l’Éducation nationale, dans le même laps de temps… ce qu’il contrôlera lui-même !

Ce décret, de circonstance vue l’approche des élections de 2017, ne ressemblerait-il pas à un coup de poing tapé sur la table par le gouvernement pour dire à ses électeurs déçus : « Nous, nous agissons ! Nous, nous protégeons l’enseignement public… » ?

Ce n’est pas en améliorant ses propres performances, qu’il le fait, mais bien au contraire en mettant à son pas l’enseignement privé hors contrat !

Le SYNEP CFE-CGC compte utiliser toutes les voies de recours en vue de l’annulation de ce décret liberticide.

Décret n° 2016-1452 du 28 octobre 2016 relatif au contrôle de l’instruction dans la famille ou des établissements d’enseignement privés hors contrat.

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