2012

Un établissement indépendant, pour accueillir les élèves autrement

Philippe Ackermann et son épouse Lara Laurens ont fondé le lycée Sophia en 1991. Cet établissement indépendant accueille désormais également des collégiens. Un projet « un peu fou », conduit par un couple de passionnés de l’éducation dont la motivation principale est l’accueil des élèves. Voici une interview de Philippe Ackermann qui anime cette structure souple et véritablement ouverte sur le monde.


SOPHIA par liberte-scolaire

Philippe Ackermann est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, de Mathématiques et de Sciences de l’Éducation. Passionné par l’innovation pédagogique, il a créé plusieurs établissements originaux, dont le premier établissement Sport-études en France.  Il connaît particulièrement bien les systèmes éducatifs étrangers.

Lara Laurens a enseigné les Lettres en lycée à Reims et en région parisienne. Elle a complété ses études par une formation en symbolisme archétypal et une approche approfondie de la psychologie et de la psychanalyse. Elle choisit en 1991 de démissionner de l’Éducation Nationale pour créer et codiriger le collège-lycée Sophia.

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2012

L’école de Sudbury Valley : l’école médiathèque où l’on s’instruit soi-même

L’école américaine de Sudbury Valley, sise à Framingham (Massachusetts), apporte la preuve qu’une école peut être libérale tout en n’étant pas étroitement élitiste[1], attachée à l’émancipation et à la promotion des jeunes sans être « républicaine » et jacobine, moderne et fondée sur l’autonomie de l’élève sans puiser son inspiration dans une idéologie libertaire ou socialiste. Pour Yves Morel, l’offre éducative des écoles Sudbury permet, d’une part, d’offrir aux jeunes une formation de qualité sans les soumettre à une sélection aveugle et, d’autre part, de leur faire faire l’apprentissage de la liberté qui mène au savoir, et non à l’anarchie.

Fondée en 1968 par David Greenberg, alors jeune professeur de sciences physiques à l’université de Columbia (New York), aidé par son épouse Hanna et une jeune éducatrice novatrice, Mimsy Sadofsky, cette institution met en pratique un mode d’éducation et d’instruction reposant sur la seule et libre curiosité de l’élève. Ce mot ne recouvre  pas, en l’occurrence, la même réalité que dans nos écoles « républicaines ». Il ne s’agit ni de l’élève en blouse grise de la « communale » ferryste, ni du membre de la communauté scolaire de Freinet, ni de l’apprenti-citoyen de Dewey, ni de l’élève adonné à des travaux personnels encadrés à la Pantanellaou à la Meirieu, ni de l’élève des écoles libres « select » à la fois élitistes de vocation et modernes quant aux pratiques. L’élève de l’école de Sudbury Valley n’est rien de plus qu’un jeune garçon ou une jeune fille qui se rend dans une institution ressemblant à une médiathèque, afin de s’instruire soi-même par la lecture et des exercices, seul(e) ou avec ses condisciples, avec ou sans l’aide d’un enseignant, selon son envie et sa curiosité, à son rythme, mû(e) par la seule ambition - confondue avec le désir - de savoir, sans esprit de compétition, sans l’obsession du succès, du « mérite », sans la crainte de l’échec et de la déconsidération. Ilne s’agit ici ni de préparer la ventilation des situations sociales « en toute équité », ni de « changer la société pour changer l’école, changer l’école pour la société ». On ne se soucie ni de perpétuer les inégalités, ni d’édifier une société utopique sous la houlette d’un Etat démiurge. Le maître mot, tout simple, mais qui nous est tellement étranger dans notre « hexagone » (une métaphore géométrique éloquente, à moins dire), est : liberté. La liberté, qui, à nos yeux de Français, ne peut avoir de valeur et de réalité qu’à la condition d’être proclamée, définie, codifiée (et, par là même, bornée sinon niée), octroyée par l’Etat. Lire la suite

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2012

Les normes de sécurité et d’accessibilité, ou l’art de tuer les écoles libres avec de bons sentiments

Qui est contre la sécurité des enfants ? Qui est contre l’accès des enfants handicapés à toutes les parties d’un établissement scolaire ? Il faudrait être suicidaire pour être contre les normes de sécurité, elles qui sont le fruit de la sollicitude de la puissance publique, et qui découlent de la volonté louable de protéger les enfants contre les dangers et d’intégrer les enfants handicapés dans la vie scolaire le plus normalement possible. Pourtant, les normes tuent. Il ne passe pas un mois sans qu’elles ne fassent une victime. Ces victimes sont les établissements d’enseignement privés. De ceux qui ont scolarisé sans problèmes des générations d’enfants, qui ont rendu service des années durant, qui ont été construits avec l’argent de tous ces gens qui se sont sacrifiés financièrement pour eux. Peu importe, on les fermera. La sécurité l’exige – « RT 2015 » oblige ! 

Quel maire prendrait la responsabilité de maintenir ces établissements alors que la commission de sécurité a déclaré qu’ils n’étaient plus aux normes? Le scénario s’est répété des centaines de fois ces dernières années. Une commission de sécurité passe, décrète que les locaux ne sont plus aux normes: il faudrait construire un ascenseur pour que les enfants handicapés puissent aller à tous les étages ; il faudrait créer des WC handicapés ; il faudrait mettre les couloirs et les portes aux normes (bref, élargir le tout de quelques centimètres) ; il faudrait créer des rampes d’accès (cf. notre Guide des règles techniques applicables aux établissements scolaires, 208 p., éditions Créer son école) La logique est qu’un enfant handicapé doit pouvoir se déplacer dans l’intégralité des locaux, sans avoir besoin de personne. Ainsi, il est jugé irrecevable qu’il ait besoin d’un camarade pour pousser son fauteuil sur une pente d’accès un peu raide. De même, il est jugé insupportable d’installer sa salle de cours au rez-de-chaussée pour éviter d’avoir à créer un ascenseur et de mettre les étages aux normes handicap. Ainsi, les établissements sont conduits par la loi à faire des travaux astronomiques pour se préparer à l’éventualité d’avoir à accueillir un enfant handicapé moteur. La facture s’élève souvent à un, deux, voire trois millions. La conséquence est alors connue d’avance : l’école privée fermera faute de pouvoir se mettre aux normes. Pour n’avoir pas pu réaliser des travaux qui auraient pu permettre d’accepter dans des conditions optimales d’éventuels élèves handicapés, chaque année des dizaines d’établissements privés mettent la clé sous la porte. Lire la suite

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2012

Une école bilingue hors contrat française traverse le Rhin

Deux articles parus dans Le Parisien relatent comment l’école bilingue de Bindernheim (Bas-Rhin), école hors contrat financée par les collectivités territoriales, déménagera en septembre 2012 pour s’installer en Allemagne : le maire de Kappel-Grafenhausen est ravi de lui louer les locaux de l’école du village. Quelques extraits de ces deux articles.

« […] Structure hors contrat (qui n’est donc pas liée à l’État) gérée par une association et financée par les collectivités locales, l’école ABCM accueille, dans trois classes de plusieurs niveaux, une cinquantaine d’élèves de la petite section de maternelle au CM 2. Trois quarts sont de nationalité française et un quart allemande.

« Une école bilingue franco-allemande installée dans un village alsacien, à6 kmà peine de la frontière, va déménager à la rentrée prochaine de l’autre côté du Rhin faute d’avoir trouvé en France des locaux adéquats, a-t-on appris samedi auprès de l’association qui la gère. Lire la suite

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2012

L’UNAPEL réclame le libre de choix de l’école

Béatrice Barraud, présidente nationale de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, prône le renforcement de l’autonomie des chefs d’établissement, le respect de la liberté et le financement équitable du libre choix de l’école.

Béatrice Barraud, présidente nationale de l’association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel), a adressé le 8 mai une lettre ouverte au nouveau Président de la République au sujet des réformes concrètes qu’elle souhaite voir appliquer à l’école.

Nous ne retiendrons ici que celle qui concerne la liberté scolaire, sachant qu’elle a parlé aussi des programmes scolaires, du redoublement, des rythmes scolaires, de la notation, de la formation par alternance des professeurs…

Elle a demandé un renforcement de l’autonomie de gestion des ressources humaines et de l’autonomie pédagogique des directeurs d’établissement : « Monsieur le Président de la République, notre volonté, à l’Apel, est de voir l’école se transformer profondément. […] Nous demandons que soit permis aux chefs d’établissements de choisir leurs enseignants tout en renforçant leur autonomie dans l’élaboration de leur projet éducatif. […] » Lire la suite

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2012

Libérer l’institution, travailler en confiance – un chef d’établissement sous contrat témoigne

Comment agir librement et en vérité ? Telle est la question que se pose un chef d’établissement de l’enseignement catholique qui a dirigé plusieurs structures différentes – un collège en milieu rural et un collège-lycée en milieu urbain. Il passe en revue les insuffisances et les ambigüités du système avant de proposer des solutions pour sortir de cette fausse liberté.

En tant que chef d’établissement, ma préoccupation première est l’éducation des jeunes. Chaque jour, j’essaie de réaffirmer les principes fondamentaux de liberté et de vérité dans le cadre professionnel qui est le mien. Mais comment ne pas aliéner cette part de liberté dans un système où tout est tenu et où tout se tient ? Qu’en est-il de la liberté du chef d’établissement dans l’enseignement catholique ? Comment redevenir des éducateurs, des pédagogues, quand tout nous pousse à gérer notre établissement comme une entreprise, à grand renfort de tâches administratives et de commissions en tout genre ?

Des institutions et des instances, ou comment bloquer la liberté et les initiatives

Un rapide tour d’horizon permettra au néophyte de ne pas se perdre dans les arcanes des autorités multiples et de décrypter les sigles des nombreuses instances partenaires avec lesquelles le chef d’établissement doit souvent composer.

La nomination du chef d’établissement

Le chef d’établissement de l’enseignement catholique est missionné par la tutelle diocésaine ou religieuse, puis embauché par l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique) ; cette embauche est ensuite validée par le rectorat – lequel ne reconnaît pas juridiquement l’institution de tutelle : l’interlocuteur direct du rectorat est le chef d’établissement et non le directeur diocésain. Une première complexité apparaît donc dès la nomination du chef d’établissement. Lire la suite

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2012

ONU : Le Saint-Siège affirme les droits prioritaires des parents sur l’éducation de leurs enfants

Nous présentons ici les passages de l’allocution prononcée le 24 avril 2012, dans le cadre de la 45e session sur la population et le développement, par Mgr Francis Chullikat, chef de la délégation du Saint Siège à l’ONU, relatifs à la liberté des parents de choisir l’éducation de leurs enfants. Ces extraits présentent en effet de manière claire et intéressante comment la position de l’Église s’articule avec le droit international en matière de liberté scolaire.

« Monsieur le Président,

« Ma délégation vous est reconnaissante de ce que, dans son rapport sur le suivi des programmes de population centré sur les adolescents et la jeunesse (E/CN9/2012/5), le Secrétaire général ait affirmé l’importance des familles dans la formation des adolescents et de la jeunesse, et, partant, les droits et les responsabilités de leurs parents. La famille est la cellule originelle de la société, la fondation première des liens sociaux et le lieu où les relations de demain – nuptiales, parentales, filiales, fraternelles – sont cultivées. Chaque famille, fondée sur l’union indissoluble entre un homme et une femme, accomplit sa mission qui est d’être une cellule vivante de la société, une pépinière des vertus, une école de coexistence constructive et paisible, un instrument d’harmonie et un environnement privilégié où la vie humaine est accueillie et protégée, de manière joyeuse et responsable, depuis son commencement jusqu’à son terme naturel. A cet égard, la valeur unique et irremplaçable de la famille fondée sur le mariage, et l’inviolabilité de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, doivent être affirmées. Lire la suite

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2012

L’Éducation n’est pas nationale

Le titre de l’éditorial du 14 avril 2012 du Monde de l’éducation dévoile une vérité qui fait mal : « l’Éducation n’est pas nationale ».

C’en est fini du « niveau monte » et de l’antienne selon laquelle « nos-enfants-savent-tellement-de-choses-que-nous-n’avons-jamais-apprises-à-l’école ». Le roi est nu et tous le proclament enfin, à commencer par Le Monde de l’éducation : « Mesdames et messieurs les candidat(e)s à l’élection présidentielle, aucun de vous ne peut l’ignorer : les maux dont souffre notre système scolaire sont alarmants. Longtemps, nous avons voulu croire qu’il restait l’un des meilleurs au monde. Tout démontre, aujourd’hui, qu’il est devenu médiocre et, à certains égards, désespérant. »

Le Monde de l’Éducation pointe non seulement l’inefficacité académique de notre système mais encore sa faillite sur le plan de la justice. L’école publique est devenue source d’inégalités sociales. « Le nouveau (pré)rapport de la Cour des comptes dont nous avons eu connaissance rend le diagnostic plus désespérant encore. Au terme d’une longue enquête sur la répartition des moyens entre académies et établissements, les magistrats de la Rue Cambon concluent ceci : « Le système scolaire français se caractérise par l’importance et la persistance des inégalités, au rebours de l’objectif d’égalité des chances fixé par le code de l’éducation. » En clair, qu’il s’agisse de l’affectation d’enseignants expérimentés ou des taux d’encadrement, l’État favorise les écoles, collèges et lycées déjà les mieux dotés et accorde moins de moyens à ceux qui sont les plus défavorisés et réussissent moins bien », conclut sans appel Le Monde de l’éducation. Lire la suite

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2012

« Ce choix ne s’est pas fait en un jour » – Témoignages de parents – Le Monde (27/04/12)

A la suite de l’article précédent, Mattea Battaglia a réuni divers témoignages de parents ayant choisi d’inscrire leur enfant dans une école indépendante. (Le Monde, 27 avril 2012)

« Donner la parole aux parents d’élèves scolarisés dans des établissements privés « hors contrat », c’est s’entendre dire, à coup sûr, que ces écoles sont « la bonne solution ». Parfois, « la seule issue » ou « la dernière chance ».

« Ma fille avait des difficultés, elle était maladroite, un peu lente, témoigne Marie-Pascale Doutriaux, chercheuse au CNRS. Au collège, elle s’intégrait mal, était moquée par ses camarades, dans l’indifférence de beaucoup de ses professeurs. Quand le diagnostic de dyspraxie a été posé, elle avait 12 ans. Les choses ont bougé, mais pas suffisamment. » Lire la suite

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2012

Les écoles privées hors contrat, une galaxie éclectique à la marge du système – Un article du Monde (27/04/12)


Un long article de Mattea Battaglia, paru dans Le Monde du vendredi 27 avril 2012, est consacré aux écoles indépendantes. 

« Neuf cents établissements accueillent 58 000 élèves de la maternelle au lycée. Ils séduisent surtout des parents déçus de l’éducation nationale.

Écoles « alternatives » de type Steiner ou Montessori, écoles catholiques « tradi », écoles autogérées d’inspiration altermondialiste, écoles bilingues, internationales ou régionales, écoles pour enfants précoces, dyslexiques… La galaxie des écoles dites hors contrat semble bien éclectique, et méconnue. « Un angle mort », lâche-t-on au ministère de l’éducation nationale.

Ces établissements ont vu le jour en marge du système classique, souvent à l’initiative de familles qui revendiquent le « libre choix de l’école ». Et prennent en charge leur fonctionnement. Ces écoles sont rassemblées sous l’appellation d’enseignement privé hors contrat - par opposition à l’enseignement privé sous contrat avec l’État, qui accueille 2 millions d’élèves.

Un secteur en croissance ?

« Sans conteste », répond Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école, qui défend l’essor de ces établissements et s’est vu reconnaître le statut d’utilité publique. « Trente et une écoles hors contrat ont vu le jour en 2011, contre une vingtaine par an en moyenne depuis 2004 ». Quelque 900 structures - 348 écoles, 111 collèges, 181 lycées généraux et technologiques et 259 lycées professionnels - ont été recensées à la rentrée 2011 par la Rue de Grenelle. Lire la suite

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