2017

Les suggestions du Medef pour l’éducation

Le Medef a récemment publié un « Manifeste pour l’éducation ». Celui-ci soulève plusieurs points susceptibles de réformer l’école en profondeur afin de réconcilier les élèves avec le monde du travail au travers de leurs débouchés professionnels.

Ce rapport mérite notre attention car il est courant de voir l’Éducation Nationale prôner une meilleure relation au travers de la filière professionnelle, les contrats d’apprentissage, entre les élèves et les entreprises. Cependant il est plus rare de lire expressément l’intérêt des entreprises pour les élèves en formation.
C’est à une époque d’incertitude politique que le Medef fait comprendre que l’Éducation Nationale doit remettre en valeur la filière professionnelle afin d’assurer le passage des études à l’emploi.

Le Medef par du constat suivant : les grands défis sociétaux d’aujourd’hui tels que la révolution numérique, économique et environnementale mettent l’employabilité des salariés à l’épreuve.

Les employeurs sont donc d’une grande exigence car pour relever ces défis majeurs, leurs employés doivent être dotés de compétences techniques diverses et variées, autant au niveau du savoir-être que du savoir-faire. Or, le système éducatif français ne semble plus former les travailleurs de cette manière donc le Medef invite l’Education Nationale à agir selon une ambition commune : que dans 10 ans, 100 % des élèves soient « citoyens et employables » à la fin de leur scolarité et ce tout au long de leur vie.

Pourtant, il serait bon de rappeler que « l’employabilité », vieille obsession française, n’est pas l’alpha et l’omega de l’éducation.

Avant de penser au marché du travail, il faut se demander si l’école permet aux enfants de se construire comme des personnes responsables, dotées d’une vraie colonne vertébrale et d’esprit critique. Au compte de l’employabilité, on vous dira que les lettres classiques ne servent à rien… Elles n’ont pourtant pas leur pareil pour former des hommes libres. Le Royaume-Uni l’a bien compris, qui ne dissuade pas, dans ses filières d’excellence que sont Cambridge et Oxford, les étudiants de s’adonner aux humanités, pour ensuite les envoyer à la City. Theresa May, l’actuel Premier Ministre britannique, en sait quelque chose, elle qui a fait des études de géographie avant d’entrer dans la banque

Ce qui est néanmoins à saluer dans l’analyse du MEDEF est le plaidoyer pour une souplesse dans l’appréhension des questions éducatives pour l’amélioration du système global : souplesse à l’égard du statut juridique (peu importe le statut si les résultats sont bons), encouragement à la diversité pédagogique, en particulier en faveur de l’apprentissage. C’est la première des pierres à poser pour qui veut réformer :

« Que le seul statut juridique de l’établissement ne préjuge pas a priori la qualité des enseignements : l’enseignement dispensé par les établissements dits privés, y compris hors contrat, mérite le soutien de
la Nation dès lors qu’ils dispensent un enseignement de qualité. Il en est évidemment de même pour les
établissements publics ;
Que la diversité des pédagogies soit encouragée : l’apprentissage est un mode de réussite à part entière. La pédagogie de l’alternance, très spécifique et obéissant à des règles d’organisation qui favorisent un apprentissage coordonné, doit être respectée et exigée. Il conduit à l’obtention d’un même diplôme que la voie scolaire mais par un autre chemin et un autre rythme. »

Pour les découvrir, lisez le rapport du Medef.

Catégorie(s) : Actualités, Enseignement sous contrat, Réformes de l'enseignement • Mot(s)-clef(s) : , , , • [ Permalien ]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *