2015

Schola Nova : l’école atypique de Belgique

Virginie Subias-Konofal, docteur en lettres latines, a interviewé la directrice de l’école belge SCHOLA NOVA, une école originale qui a fait le pari des humanités classiques au XXIème siècle et qui maintient son originalité contre vents et marées. Une école qui n’a pas encore vraiment d’équivalent en France.

1/ Caroline Thuysbaert, vous êtes aujourd’hui directrice de Schola nova. Qu’est-ce qui vous a décidée à rejoindre cette structure à sa fondation ? Quelle était votre expérience professionnelle antérieure ?

Schola Nova a été fondée en septembre 1995 par Stéphane Feye et Hélène de Mevius, qui souhaitaient, pour les deux derniers de leurs cinq enfants, des Humanités gréco-latines qui n’étaient plus offertes nulle part. À cette époque, âgée de 20 ans, j’étais encore étudiante à l’Université de Louvain-la-Neuve, en deuxième licence de Droit. Ma rencontre avec cette école naissante et donc très fragile est due au « hasard » (que je qualifierais volontiers de « Providence »). J’ai commencé par y enseigner le néerlandais et les mathématiques, et puis très vite le latin, le grec, etc.

Deux ans après, lors de l’obtention de mon diplôme de juriste, Schola Nova me passionnait tellement qu’il ne me serait même pas venu à l’idée, malgré l’étonnement et l’incompréhension d’une bonne partie de mon entourage, de me lancer dans une carrière brillante de juriste où les propositions ne manquaient pas.

Je n’ai donc eu aucune expérience professionnelle antérieure à celle de professeur et de directrice de Schola Nova.

2/ Diriez-vous que la législation belge est bienveillante envers les écoles indépendantes et que l’État vous offre une vraie liberté ?

La Constitution belge (article 24) garantit aux parents la liberté totale en matière d’enseignement, ce qui est plus que normal, étant donné la relative « jeunesse[1]» du service (dit gratuit) offert en la matière par l’État, qui date de 1918. Le statut des écoles indépendantes est officiellement assimilé à celui de l’enseignement à domicile. Cela veut dire que, contrairement à la France, les parents peuvent regrouper des élèves de familles différentes pour leur faire cours sans que ce soit considéré comme une école et soumis à la législation scolaire..

Néanmoins, petit à petit, les rôles se sont inversés, et l’État est passé de son noble rôle palliatif  « d’instruction publique » à celui « d’éducation nationale », jusqu’à nous faire passer souvent pour des marginaux quasi illégaux. Peu de gens ont remarqué cette évolution, mais la prise de conscience augmente de jour en jour, me semble-t-il.

Depuis la fondation de notre école, décrets, arrêtés et circulaires se sont multipliés pour restreindre la liberté de l’enseignement à domicile. Nous les avons attaqués à plusieurs reprises dans différents tribunaux avec, très souvent, beaucoup de succès. Il y eut également une période de vide juridique pendant quelques années, avec des arrêtés n’ayant même pas été publiés au Moniteur…

Maintenant, la situation est théoriquement bien plus difficile et compliquée, ce qui diminue notre respect envers la rigidité administrative et nous décourage des victoires à la Pyrrhus. Mais, vous savez, dans ce petit pays adaptable et souvent chaotique, les choses s’arrangent parfois de manière imprévisible… Nous sommes, en tout cas, respectés de loin, si ce n’est pas craints, vu notre détermination sereine depuis vingt ans. Ce serait long à expliquer, mais nous possédons, par exemple, une lettre de l’ancien ministre Monsieur Hazette nous confirmant que, le P.O. parental et celui de l’Enseignement de l’État étant juridiquement sur pied d’égalité, si le deuxième se permettait de venir contrôler le premier, l’inverse serait en principe possible ! Nous attendons toujours l’avènement de la faction politique qui, pour longtemps, débarrasserait nos parents de la valse des petits papiers inutiles.

Il est évident que le chèque scolaire corrigerait une injustice financière, puisque nos parents payent actuellement deux fois la scolarité, une fois par le biais des contributions d’un pays surtaxé, et une autre fois pour assurer eux-mêmes ce que l’État n’est plus capable et n’a plus la volonté de leur offrir. Il s’agit bien évidemment d’une discrimination scandaleuse.

3/ Espérez-vous encore une reconnaissance par l’État et une intégration au système public, ou êtes-vous satisfaite du statut des établissements privés ?

Avant l’ouverture de notre école, Stéphane Feye avait accompli diverses démarches auprès des autorités belges : demande d’ouverture d’une école publique offrant le programme classique[2] gréco-latin, tentative de reconnaissance de la future structure de Schola Nova, essai d’obtention de l’homologation du diplôme…

Les deux dernières requêtes n’ont pas obtenu la moindre réponse au sens littéral du terme, malgré un courrier recommandé adressé au directeur de l’homologation. Notre statut privé et indépendant n’est donc pas dû à notre volonté. Nous n’avons actuellement plus aucun espoir ni désir d’une quelconque reconnaissance officielle. De plus, qu’impliquerait dans cette ambiance une telle reconnaissance ? Que l’État a changé d’attitude envers les Humanités classiques ? Mais alors, il les réorganiserait lui-même ! Il nous faudrait beaucoup pour croire à une telle conversion. « Timeo Danaos et dona ferentes » disait déjà Virgile…

Nous ne sommes pourtant pas des adorateurs systématiques des structures privées, mais il n’y avait pas d’alternative pour assurer la volonté légitime des parents.

Nous nous satisfaisons donc, pour l’instant, du statut qui nous a été imposé, en attendant mieux… ou pire.

3bis/ Votre ‘minerval’ (= frais de scolarité) est élevé. Pourtant une rapide recherche m’a montré que les écoles privées belges étaient en général assez chères, et que vous vous situiez plutôt dans une moyenne basse. Pourquoi un choix si raisonnable, qui doit entraîner de lourdes conséquences pour le corps enseignant ?

Le budget de Schola Nova s’alimente uniquement d’apports privés et de la participation des parents. Dans l’absolu, le minerval de 385 euros par mois représente une somme importante pour certains ménages, mais au regard des cours et de la qualité offerts, il est aisé de comprendre que le minerval est en-dessous de la valeur du service rendu. Mais il y a urgence : il ne s’agit pas pour nous de créer une entreprise rentable. Notre but, qui est réellement non lucratif (et, Dieu merci, cela existe encore!), est d’offrir au plus grand nombre possible de parents (non sélectionnés d’après leur fortune) un enseignement digne de ce nom. Un système de bourses d’études est organisé par la Fondation Humanitas Europae. Il est vrai que pour l’instant, les professeurs reçoivent une rémunération dérisoire en comparaison de leur compétence, de leur dévouement et de leur enthousiasme. Malgré cette condition économique peu attrayante, d’excellents pédagogues honorent l’école de leur présence. Ils trouvent de nombreuses compensations à ce manque à gagner : enthousiasme des élèves, liberté pédagogique, soutien de la direction, concerts et spectacles, etc., tout un ensemble d’avantages difficiles à chiffrer en termes d’argent.

Précisons également que, heureusement pour nos finances déficitaires, plusieurs professeurs sont bénévoles.

4/ Que répondez-vous à ceux qui vous taxent de passéisme ? Et d’élitisme ?

Étudier le passé (ses langues et son histoire) n’a rien à voir avec du passéisme. Mémoriser cent vers de Virgile a-t-il empêché quiconque de connaître l’histoire contemporaine et de maîtriser les nouvelles technologies ? L’apprentissage de la mythologie grecque ou égyptienne et des origines des diverses religions nuit-il à la compréhension de l’actualité ? Non ! Ceux qui examinent leurs origines seront bien mieux ancrés dans leur présent et construiront l’avenir avec plus de sagesse. Or, de nos jours, on constate l’inverse : la méconnaissance des périodes historiques et de l’évolution des civilisations ou des religions amène les jeunes à ne plus comprendre l’autre (tant celui d’hier que celui d’aujourd’hui), voire à nourrir des incompréhensions de plus en plus grossières.

Admirer les grandes choses du passé ne rime pas nécessairement avec une nostalgie bornée, désireuse de les voir restaurées telles quelles. Par contre, maintenir voire instaurer des choses d’une qualité équivalente ne devrait pas, par principe, être rejeté sous prétexte qu’elles ressembleraient à celles d’antan. Nier les racines, c’est refuser l’arbre avec ses feuilles présentes et ses fruits à venir.

Quant à l’élitisme, pourquoi toujours aboyer contre lui ? Ce mot vient du latin eligere, « élire ». Condamnerait-on l’élection partout sauf dans les urnes et en sport ? À Schola Nova, nous nous efforçons de choisir le meilleur pour chaque élève, les meilleurs professeurs, capables d’enseigner les matières les plus passionnantes. Qui ne voudrait pas de cet élitisme-là ?

D’autre part, ceux qui affirment que la supériorité financière suffit à définir une élite la limitent à une notion bien ignorante, ou pire, à leur véritable et unique préoccupation ou jalousie. Soit ils sont de bonne foi, et ils ont alors été curieusement endoctrinés. Soit ils confondent, par-dessus le marché (sans jeu de mots, bien sûr), l’élite avec le mépris ou l’oppression des plus faibles. Cette attitude est-elle vraiment le propre d’un être d’élite ? Il faut cesser au plus vite d’asséner de telles inepties.

5/ Quels sont les effectifs moyens de vos classes ? Intégrez-vous facilement des élèves en cours de cursus ? Leur mise au niveau linguistique doit être très difficile.

Chaque classe comporte en moyenne dix élèves. L’idéal est d’intégrer l’école le plus tôt possible: l’enseignement fondamental néglige trop souvent, à nos yeux, les matières de base comme l’analyse, le calcul mental et les conjugaisons. Pourtant, des élèves s’inscrivent parfois vers 14 ou même 15 ans. Le rattrapage est conséquent et il peut être laborieux, mais un élève déterminé, entouré de professeurs bienveillants et encourageants, et si possible de ses parents, pourra souvent obtenir le niveau des autres ou même, dans certains cas, le dépasser. Il est vrai que la diversité des langues peut créer des difficultés, mais nous pouvons attester comme un fait établi que les enfants qui nous arrivent bilingues ou trilingues assimilent le latin parlé, par exemple, et le français avec une aisance au moins double de celle des élèves unilingues.

6/ Qu’apporte selon vous aux élèves la pratique du théâtre ? Combien d’heures y consacrent-ils par semaine ?

Les connaissances pures (intellectuelles, grammaticales et techniques) sont très importantes, mais la manière de les exprimer constitue également une grande part de la formation. La pratique du théâtre (tout comme celle de la musique et de la poésie) développe les qualités suivantes : l’expression, l’entraînement intensif et répétitif de la mémoire (différent de la mémorisation en vue d’un examen),  l’affinement de la langue française, l’enrichissement du vocabulaire, la canalisation et l’extériorisation des sentiments, etc., et surtout la constance nécessaire à une réalisation commune et la mesure du magnétisme sur un public. Divers arts sont très encouragés à l’école et les élèves qui le souhaitent peuvent pratiquer le théâtre à raison de 2 heures par semaine. Chaque année, plusieurs spectacles (musique, poésie, théâtre, concours de plaidoirie, tournoi d’éloquence) sont organisés. Toutes ces activités sont facultatives, car l’émulation positive porte des fruits bien pesants, complémentaires à ceux de l’enseignement ex cathedra.

7/ Vous proposez de nombreuses activités hors du temps scolaire (cours de musique, de langue…). Mais je vois avec stupeur que certaines sont…gratuites, alors que ce serait une source de revenus non négligeable, car je suppose que vous ne recevez pas d’aides de l’État. Pourquoi ce choix de la gratuité ?

Seuls les cours collectifs sont gratuits : solfège, orchestre, langues (hébreu, égyptien hiéroglyphique, anglais complémentaire, etc.), atelier artistique, théâtre, cercle de poésie, cenae Latinae, atelier scientifique.

Les cours individuels d’instrument sont payants : piano, violoncelle, violon, guitare, chant.

Presque tous les élèves suivent au moins un de ces cours collectifs ; les faire payer augmenterait le minerval ou créerait une discrimination entre riches et moins riches, que nous essayons d’éviter. Mais, je le concède, cela est loin d’améliorer nos finances…

8/ Vous offrez la possibilité de l’internat à ceux qui le souhaitent. Sont-ils nombreux à faire ce choix ? Des adultes vivent donc à l’école ?

Pour l’instant, seulement sept enfants logent à l’école. Mais l’internat n’est pas du tout organisé par Schola Nova. Il l’est par un couple qui habite sur place et qui le gère de manière privée. Le bâtiment de l’école est assez grand et il abrite aussi 4 appartements privés. Ce sont donc des bonnes volontés extérieures à la structure de l’école qui permettent cet « à côté » très utile. Mais il est souvent arrivé que des parents déménagent pour habiter près de l’école ! Certains parents ou amis de la région  hébergent également parfois des enfants résidant loin.

9/ Comment voyez-vous l’avenir de votre école ? Qu’attendez-vous et que redoutez-vous ?

Schola Nova a de belles années à vivre, je crois ou du moins je l’espère. Nous sentons, en effet, que notre mission est de plus en plus nécessaire, et il semble que le nombre de gens qui s’en rendent compte augmente.

Si la quantité d’inscrits devait croître, nous envisagerions de nous dédoubler.

Ceci dit, si d’autres écoles de notre type apparaissaient, partout en Europe, nous nous en réjouirions sans y voir des concurrents. Il faut absolument refaire une élite de latino-hellénistes, pour conserver notre héritage judéo-pagano-chrétien. Ce simple bon sens qui était une évidence il y a 70 ans, nous espérons qu’il ne disparaîtra pas.

C’est ici précisément que réside notre plus grande crainte : Qui sera au pouvoir dans les décennies à venir ? Quelle sera la qualité d’instruction et l’honnêteté intellectuelle des dirigeants ? Auront-ils le même souci que nous quant aux Humanités classiques, puisque très peu d’entre eux en auront bénéficié ?

Il est vrai que certains Ostrogoths, jadis en Italie, ont protégé, contre leur peuple lui-même, la culture des Romains dont ils n’étaient pas issus… Donc, tout espoir n’est pas nécessairement perdu.

10/ Des pédagogues extérieurs, des universitaires ou des inspecteurs d’État s’intéressent-ils à votre école et viennent-ils la visiter pour découvrir vos choix pédagogiques, ou avez-vous le sentiment d’être une parenthèse qu’on laisse tranquille mais qu’on oublie dans le même temps ? Voudriez-vous participer davantage au débat européen sur l’éducation, ou votre préoccupation est-elle avant tout pragmatique ?

De nombreux observateurs sont déjà venus visiter nos bâtiments : journalistes, anciens étudiants des Universités (belges ou européennes), passionnés de latin, futurs professeurs en quête de méthodes pédagogiques efficaces, et même de grandes sommités internationales. Ce furent presque toujours des initiatives personnelles. Nous avons eu néanmoins, une seule fois, une visite de deux représentants de l’ACFLA (Association de la Communauté Française pour les langues anciennes) suivie d’un article très élogieux dans leur revue.

Pour le reste, les « officiels » sont, face à nous, soit indifférents soit plutôt hostiles, mais de moins en moins, je crois.

Pour l’instant, notre poids politique européen est nul, le latin n’étant même pas reconnu comme langue officielle de l’UE. Il est difficile d’imaginer que cela change dans un avenir proche, mais les courants peuvent s’inverser assez vite. Nous y serons attentifs… Dans ce cas-là, nous pourrions peut-être accepter de participer au débat européen, si cela ne nous disperse pas. En attendant, nous ne restons que pragmatiques.

11/ Il me semble que l’on peut trouver une école « gréco-latine » en Russie et une autre en Italie. La France brille par son absence, malgré une tradition multi-séculaire. Étudiez-vous tout de même en ce moment des partenariats avec des établissements français, dans le cadre d’échanges scolaires et culturels ?

Nous avons déjà organisé des échanges avec l’école russe dont vous parlez, le Museum Graeco-Latinum de Moscou, dont les dirigeants sont des amis. Alexandre Feye, fils du fondateur, a également visité des écoles en Lituanie, à Saint-Pétersbourg, etc., où il a donné des conférences et des cours.

Nous entretenons ou avons eu des contacts fructueux avec des écoles italiennes, espagnole, bulgare et polonaise, mais aucun avec des écoles françaises, à une exception près (des élèves du Nord de la France sont venus nous visiter, deux jours, il y a environ dix ans). Nous sommes d’ailleurs toujours prêts à aller exposer gratuitement, à l’étranger, nos méthodes de latin parlé (ou latin vivant, NDLR) ou même à échanger nos élèves.

12/ Je suppose que vous ne pouvez vous satisfaire des manuels proposés par les grandes maisons d’édition scolaire. Quels supports utilisez-vous à Schola Nova ?

Nous avons beaucoup de difficulté à trouver des manuels qui répondent à nos attentes. Soit la terminologie utilisée en grammaire est récente et, à notre avis, inférieure (par ex. déterminant au lieu d’article), soit les exemples cités ont un contenu vulgaire et sans intérêt, soit les illustrations sont laides et dispersantes…

Il existe de bonnes grammaires (latine et grecque), mais celles-ci ne sont souvent plus éditées…

Tout cela nous a obligés à réaliser nos propres manuels :

– un syllabus de français (et un autre pour les mathématiques) pour la classe de primaires

– un syllabus complet d’analyse grammaticale

– une grammaire latine et grecque (cette dernière rédigée en latin !)

– on utilise toutefois quelques livres pour les cours de latin et de grec :

* Lingua Latina per se illustrata de Hans Orberg (entièrement rédigé en latin) ; ce livre est absolument excellent.

* Assimil : le Latin sans peine réalisé par Clément Dessessard (la nouvelle version de l’Assimil latin est très mauvaise et remplie de fautes, et nous gardons l’ancienne qui est excellente ; nous en avons racheté un stock ; nos élèves ont réalisé un CD audio d’après ces leçons). Cette méthode donne des résultats étonnants.

* Grec : Athenaze , réalisé par le Vivarium Novum : une méthode de grec imitant le Lingua Latina latin.

* Assimil grec : utilisé de temps en temps.

– en histoire : deux professeurs ont réalisé des manuels pour quatre époques différentes (Hans van Kasteel pour les trois premiers, Alexandre Feye pour le dernier).

* Histoire de l’Egypte, des Hébreux et de la Grèce (grandement basé sur les auteurs de l’Antiquité, avec des textes originaux pour la mythologie).

* Histoire de Rome (basé sur les auteurs latins et du Moyen Âge).

* Histoire du Moyen Âge (totalement rédigé en latin).

* Histoire de l’Epoque Moderne.

13/ Pourquoi insistez-vous tant sur le latin vivant et de quoi s’agit-il en réalité ?

Il y a eu en 1956, sous l’impulsion de Jean Capelle (ingénieur et recteur de l’Université de Nancy, devenu responsable de l’Éducation Nationale en France), un extraordinaire mouvement dont étaient membres, entre autres, le Président Senghor du Sénégal et le Président italien Andreotti, et dont le but était de faire du latin la langue scientifique de communication internationale. Pourquoi cette sève fertile s’est-elle tarie progressivement ? Cela est expliqué en long et en large dans un livre de 410 pages, qui vient de sortir en latin : Gaius Licoppe, Academia Latinitati Fovendae, éditions Melissa, Bruxelles, 2014.

Nous sommes restés fidèles à ce mouvement provenu de France, dont les idées sont non seulement sensées mais redevenues subitement urgentes par la dissolution actuelle de l’Europe et des nations. Quoi qu’il en soit, l’idée de parler latin n’est absolument pas insensée et je constate personnellement que la méthode vivante (pratiquée à juste titre pour toutes les langues modernes ; l’inverse serait absurde !) permet de maîtriser plus facilement, plus rapidement et avec plus d’amusement la langue de Cicéron et de Virgile.

Virginie Subias-Konofal, docteur es lettres classiques


[1]    Année 1918.

[2]    Précisons d’emblée que le programme classique des Humanités anciennes comprenait 9h de latin en première année. Ce programme a survécu dans de rares écoles jusque vers les années 1990, et a ensuite totalement disparu.

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