2018

Se former en économie

L’ancien patron d’Essilor, Xavier Fontanet, pédagogue passionné et passionnant, s’est engagé depuis quelques années dans l’enseignement de la stratégie d’entreprise. Il a déjà conçu et commercialisé un cours et une application mobile de stratégie d’entreprise. Il lance aujourd’hui une série d’émission à BFM pour ceux qui veulent enfin comprendre l’économie et la stratégie des groupes.

L’émission démarre ce samedi 20 janvier 2018 à 12h30.

Elle s’appelle BFM stratégie et dure une demi-heure par semaine. Elle est diffusée le samedi 12H30 et rediffusée le dimanche à 11H30. On peut la “podcaster” dès le début.

Xavier Fontanet anime l’émission avec Frédéric Simottel.

Une nouvelle manière de comprendre l’économie à découvrir par les lycéens comme les adultes

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2018

A l’école de Gramsci : transmission et émancipation

Théoricien de la crise, Antonio Gramsci est aussi celui de son dépassement. Le célèbre marxiste italien, réduit à l’impuissance politique par Mussolini, livra dans ses écrits de prison les germes d’une nouvelle conception de la politique. Nouvelle en tant qu’elle prend en compte le rôle politique toujours plus décisif des « intellectuels » dans les sociétés modernes. Ce pouvoir peut aussi bien émanciper qu’asservir, selon les idéaux ou les intérêts qui le commandent. Dessaisir l’élite, que nous dirions aujourd’hui « médiatique », de ce pouvoir pour donner au plus grand nombre la capacité de l’exercer, telle est la vision gramscienne de la formation intellectuelle et tel est le sens qu’il donne à l’idée politique. Une politique, donc, dont l’école serait le terrain privilégié. Cependant – on pourrait s’en étonner – le philosophe sarde ne veut ni d’une école qui enrégimente, ni d’une école libertaire. Pour réaliser le vieux rêve marxiste d’une société plus juste, il faut libérer l’école des conflits stériles entre discipline et autonomie, entre nostalgie de l’autorité et exaltation de l’« auto-construction des savoirs ». L’école proprement révolutionnaire est celle-là seule qui interroge le sens du mot « culture » et en tire les conséquences qui s’imposent…

Tout en soulignant l’importance de l’intellectuel dans les sociétés modernes, Gramsci est bien loin de vouloir une « République de Philosophes » et s’applique plutôt à démythifier cette figure. Son idéal d’intellectuel « organique », impliqué dans la transformation et l’organisation effectives de la société, s’oppose à l’intellectuel « traditionnel », orateur déconnecté qui se prétend libre de tout déterminisme social mais défend, souvent à son insu, la classe dominante. Fondamentalement, l’intellectuel n’est pas pour Gramsci le penseur de métier, spécialisé, mais tout homme qui réfléchit sur sa propre activité relativement à l’ensemble de la société. « Tous les hommes sont des intellectuels », écrit Gramsci dans le 12e de ses Cahiers de prison, même si tous n’ont pas une « fonction » d’intellectuel. Pour éveiller ces facultés de chacun, Gramsci part donc en quête d’un « principe pédagogique » adéquat. Une pédagogie qui éveille les consciences est en effet pour lui la seule politique capable de produire une société meilleure.

L’école est le lieu de déploiement et de progression par excellence de cette pédagogie émancipatrice. Gramsci appelle donc de ses voeux les initiatives pédagogiques, « même lorsqu’elles se savent transitoires et expérimentales », à condition qu’elles restent organiques, c’est-à-dire qu’elles coopèrent et stimulent la progression de l’ensemble de la société. Pour le philosophe italien, l’école doit être unifiée par l’ambition d’une « formation humaniste », désintéressée, de ses élèves, quelle que soit leur origine sociale. Cette culture humaniste est définie par Gramsci comme transmission du « pouvoir fondamental de penser et de savoir se diriger dans la vie ». Ce n’est qu’« après les avoir amenés à un certain degré de maturité » que cette école peut apporter à ses élèves une autonomie intellectuelle et critique, pour enfin envisager leur insertion professionnelle.

Pour cultiver cette autonomie, Gramsci manifeste des réserves à l’égard des théories spontanéistes trop confiantes dans la facilité de l’apprentissage. Ces nouvelles pédagogies ont, admet-il, le mérite de soumettre les vieilles méthodes à un salutaire examen critique mais elles n’offrent pas les instruments nécessaires à un dépassement fécond. Elles conçoivent le cerveau de l’enfant, remarque-t-il, comme une bobine de fil qui se déviderait toute seule sous le regard bienveillant et encourageant de l’enseignant. Cette croyance dans le développement spontané des capacités de l’élève donne souvent lieu, écrit Gramsci, à de « curieuses régressions » pédagogiques (Cahier 1, § 123). Elles aboutissent en effet à une démission de la génération adulte. Pour Gramsci, la société n’est rien d’autre que le champ de lutte de divers conformismes, émancipateurs pour certains, aliénants pour d’autre. Si l’école, par peur du conformisme, renonce à « conformer » la nouvelle génération en lui transmettant une maîtrise de la langue – première condition de possibilité d’une conscience libre – elle livre ses rejetons aux influences les plus régressives. Le « laisser-faire » en matière d’éducation est qualifié par Gramsci de « réactionnaire » (Cahier 29, § 6). L’étude de la grammaire importe particulièrement à Gramsci, philologue de formation, car c’est elle qui permet à l’élève d’accéder à une conscience fine et complexe de son propre rapport au réel. Comme les langues, l’autonomie intellectuelle s’apprend suivant plusieurs étapes, dont la première est « dogmatique », fondée sur l’exercice de la mémoire et l’assimilation brute de savoirs. Ainsi seulement, la phase suivante pourra être « créative », « autonome et indépendante » (Cahier 12).

L’éloge de la spontanéité de l’enfant risque d’occulter la laborieuse réalité du processus d’éveil de l’intelligence. L’esprit critique n’est pas une faculté innée que l’apprentissage par coeur rendrait inopérante mais un véritable muscle qui se fortifie par un entraînement acharné. La capacité à se concentrer, l’implication dans un raisonnement, la précision de l’argumentation ne sont que le fruit d’habitudes « psycho-physiques » contractées pendant l’enfance. L’élève comme le sportif doit subir un certain nombre de contraintes répétitives pour incorporer des aptitudes. Déplorer l’aridité de ces méthodes « coercitives », c’est dénier à l’école la possibilité de les rendre spontanées. Les intellectuels ont souvent tôt fait d’oublier leur dette envers l’environnement si contraignant de la salle de classe…

On en arrive ainsi à la conception de la culture qui sous-tend le projet pédagogique gramscien. La culture est en même temps instructive et éducative, c’est-à-dire à la fois transmission d’un savoir déjà constitué et réception active et critique. La culture n’est pas un patrimoine, un capital qu’on peut accumuler, et le cerveau n’a rien d’un entrepôt vacant ou saturé de savoirs discriminants. La culture cesse d’être culture lorsqu’elle se résume à une somme de cristallisations inertes du passé et ne nourrit pas une relation pédagogique vivante. En incarnant devant ses élèves une expérience intellectuelle déterminée, l’enseignant nourrit des intelligences neuves, qu’il prépare à donner une vie nouvelle, originale, au savoir mis en jeu. L’évolution et la diversification des publics scolaires est pour cela l’horizon d’un renouvellement et d’une régénération culturelle, d’un progrès, à condition que l’on veuille bien transmettre.

Textes tirés des volumes :

– Q 1 § 123, février-mars 1930 : extrait de A. Gramsci, Gramsci dans le texte, traduit de l’italien par Jean Bramant, Gilbert Moget, Armand Monjo, François Ricci, Paris, Editions Sociales, 1975, pp. 633-634

– Q 9 § 119, septembre-novembre 1932 : extraits de A. Gramsci, Cahiers de prison, Cahiers 6 à 9, traduction de l’italien par Monique Aymart et Paolo Fulchignoni, Paris, Gallimard, 1983

– Q 9 § 119, septembre-novembre 1932 ; Q 10 II § 44, août-décembre 1932 ; Q 12 § 1-2, mai-juin 1932 : extraits de A. Gramsci, Cahiers de prison, Cahiers 10 à13, traduction de l’italien par Paolo Fulchignoni, Gérard Granel, Nino Negri, Paris, Gallimard, 1978

– Q 16 § 21, 1934 : extrait de A. Gramsci, Cahiers de prison, Cahiers 14 à 16, traduction de l’italien par Françoise Bouillot et Gérard Granel, Paris, Gallimard, 1990

– Q 19 § 27, février 1934-février 1935 ; Q 29 §§ 4 à 6, avril 1935 : extraits de A. Gramsci, Cahiers de prison, Cahiers 19 à 29, traduction de l’italien par Claude Perrus et Pierre Laroche, Paris, Gallimard, 1991

– Lettre de Gramsci à Giulia, 30 décembre 1929 : extraite de A. Gramsci, Lettres de la prison, traduction de l’italien par Jean Noaro, Paris, Editions sociales, 1953

– Lettre de Gramsci à Tania, 15 décembre 1930 : traduction de l’auteur de l’article

– lettre de Gramsci à Carlo 18 décembre 1930 : traduction de l’auteur de l’article

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2018

Samedi 10 février : Portes ouvertes à l’Ecole Professorale de Paris

Le Samedi 10 février 2018 après-midi aura lieu la troisième Journée “Portes ouvertes” de l’Ecole Professorale de Paris à St Jean de Passy. Ce sera l’occasion d’une rencontre entre l’École professorale de Paris et son public : responsables de l’École, professeurs, élèves, futurs élèves, auditeurs libres, stagiaires de formation continue, parents, professionnels de l’éducation concernés par cette nouvelle école de formation des professeurs. Lire la suite

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2018

Samedi 3 février : Conférence de Frédéric Chassagne, “Vitae Non Scholae Discimus” : c’est pour la vie et non pour l’école que nous apprenons

“Vitae Non Scholae Discimus” : c’est pour la vie et non pour l’école que nous apprenons

Frédéric Chassagne, directeur du Lycée de La Sauque (33)

A l’occasion de cette avant-dernière conférence du cycle des samedis de l’ILFM, Frédéric Chassagne abordera la question de l’utilité des apprentissages. Les connaissances que nous emmagasinons sur les bancs de l’école sont-elles “utiles” dans la vie ? Un débat qui nous tourmente depuis des siècles, comme nous le rappelle cette maxime de Sénèque “Vitae non scholae discimus”, tirée de ses Lettres à Lucilius. Au moment où se pose la question de la réforme du baccalauréat, un débat plein d’actualité !

Conférence de Frédéric Chassagne
Directeur du Lycée de La Sauque

Samedi 3 février 2018
18h-19h30

Amphithéâtre Saint Jean-Paul II – 2, rue des Vignes – 75 016 PARIS

I N F O R M A T I O N S  P R A T I Q U E S
Samedi 3 février 2018 – 18h-19h30
Amphithéâtre Saint Jean-Paul II – 2, rue des Vignes – 75016 PARIS
Entrée gratuite – Libre participation aux frais
Suivez l’événement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/856276167865062/

A vos agendas !
Les prochaines conférences de l’ILFM

Samedi 24 mars 2018
La fidélité : garantie d’une croissance dynamique.
Monsieur l’abbé Guillaume SEGUIN

Heure des conférences : de 18h00 à 19h30
Lieu des conférences : Amphithéâtre Jean Paul II, Lycée Saint Jean de Passy, 2 rue des vignes 75016 Paris
Pour s’inscrire : contact@ilfm-formation.com

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2018

Ouverture des écoles indépendantes : une proposition de loi à surveiller

Une proposition de loi soutenue par la sénatrice Gatel n° 589 « visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat » sera examinée en première lecture le 21 février prochain au Sénat. Présentée par des centristes, elle ressuscite fort inopportunément et d’une manière à peine atténuée le projet que Najat Vallaud-Belkacem avait essayé de faire adopter in extremis par voie d’ordonnance. Lire la suite

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2018

Au Cours Candelier, entre tradition et innovation

Pour Noël, le Cours Candelier nous offre une jolie vidéo pour présenter son établissement et son projet pédagogique, tout entier résumé dans cette belle citation d’Hannah Arendt placée en exergue de son site internet :

“C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice. Elle doit protéger cette nouveauté et l’introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaire que puisse être cet acte est du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine.”

Pour en savoir plus sur le Cours Candelier, cliquer ici.

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2017

Histoire des relations entre la gauche et le privé

La Fondation Jean Jaurès propose une analyse poussée des rapports complexes entretenus par le parti socialiste (SFIO puis PS) et l’enseignement privé en France, de 1957 à 2017.
De l’avis de Ismail Fehrat et Bruno Poucet, les auteurs de l’enquête, se dessine une évolution inattendue, d’une franche hostilité à une acceptation faite de compromis et d’échanges de bons procédés, à rebours de l’image d’hostilité que l’on pourrait imaginer.
Nous décryptons cette analyse. Lire la suite

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2017

Une école libre au Canada

A quelques jours de Noël, découvrez une des rares écoles libres de confession catholique au Canada, l’école Notre-Dame du Mont-Carmel, à Ottawa.
Ecole francophone, qui bénéficie du soutien de l’archevêque d’Ottawa, elle nous présente sa campagne de soutien avec beaucoup d’humour :

Actuellement, l’école, fondée en 2007, accueille les élèves de la maternelle à la 10e classe (équivalent lycée).

La liberté scolaire, c’est aussi à l’international !

Découvrez le site de l’école : http://www.ndmc.ca/

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2017

Taxe sur les bureaux : une nouvelle discrimination pour les écoles indépendantes

Il est prévu en Ile de France la mise en place d’une taxe sur les bureaux. Assez naturellement se pose la question du statut des établissements scolaires, qui bien souvent occupent des locaux assimilés à des bureaux. Lire la suite

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2017

“La finalité de l’éducation ne doit pas être laissée de côté”

Entretien de Dominique Ottavi avec Anne Coffinier

A. C. – Dans un colloque organisé à l’automne à Monaco, aux côtés de la Fondation pour l’école, vous avez exposé l’idée qu’un certain scientisme était à l’oeuvre dans les “sciences de l’éducation” et qu’il avait conduit à un appauvrissement des idéaux éducatifs, les finalités ayant cessé d’être un sujet de réflexion. Pourriez-vous préciser ce point ? Lire la suite

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